Réunion-débat le 13 septembre 2018 avec Jo Spiegel

"Le collectif CODEPAL* (Collectif pour une Démocratie Participative et Locale) vous invite à une soirée-débat le 13 septembre prochain avec Jo Spiegel, maire de la ville de Kingersheim à 20h à la salle des Fêtes de Louvigny.

Mr Spiegel définit ainsi sa démarche :

« Quand la démocratie se résume essentiellement à l’élection (par la séduction), quand elle se cristallise le plus souvent dans des enjeux partisans (par la posture), quand elle est trop peu citoyenne et presque jamais implicative et quand, en plus, les résultats ne sont que rarement au rendez-vous des promesses, il ne faut pas alors s’étonner du désenchantement grandissant à l’égard de la politique et du discrédit jamais à ce point atteint à l’égard des élus. J’ai la conviction que la politique peut reprendre ses lettres de noblesse et que le temps électoral peut reprendre sens, si le temps de l’action est enrichi par des allers/retours fréquents et construits entre les élus et les habitants.
C’est le défi de la démocratie d’élaboration et d’implication. Une démarche exigeante qui se revendique d’être lente, édifiante et interactive (partagée). C’est cette conviction qui a conduit le Conseil Municipal de Kingersheim à lancer en 2004 les États-généraux permanents de la Démocratie. A bâtir en 2006 la Maison de la Citoyenneté. A construire depuis près de dix ans des parcours démocratiques et citoyens exigeants, à travers la création de conseils participatifs. »

*CODEPAL réunit citoyens et élus impliqués dans l’agglomération caennaise et plus largement sur le département du Calvados souhaitant interroger des nouvelles formes de participation des citoyens à la gestion de leur commune.

Sont membres à ce jour du Collectif : les associations Cocisol à Louvigny / Herouville ça m’intéresse à Hérouville / Allô Citoyen à Trouville-sur-Mer / Hier, aujourd’hui, demain à Berniéres sur Mer / la Gauche Citoyenne à Ifs / des élus de Louvigny et de Lion sur Mer. 

 

Article sur Rue 89 du 4 février 2017

 

Présentation site ville de Kingersheim

 

France Culture

 

La Vie : le rôle du politique n'est pas de flatter les gens

Quels usages demain des Cœurs de quartier ?

 

17 février 2018 – Salle de la Grande delle

Compte rendu des échanges suite à la projection de trois parcours de « Suis-moi », webdoc de Camille JULIE et Nicolas GLORIEUX.

Nous avons le sentiment que tout n’est pas forcément en place pour que les gens se rencontrent. C’est différent en fonction des quartiers, même si les quartiers ont un peu la même base, base qui a été organisée au départ. Il y a la « Voix des Femmes » qui joue le rôle de lieu de rencontre, mais elle ne touche pas tout le monde.

Nous demandons aux réalisateurs d’apporter leur point de vue sur Hérouville, sur ce qui marche, sur ce qui ne marche pas. Il est intéressant d’avoir le point de vue de personnes qui ne sont pas d’Hérouville.

 « Nous avons passé 4 mois de repérage à la rencontre des hérouvillais. Le centre ville c’est Carrefour, les petits centres de quartiers sont délaissés. Pour les plus jeunes, le centre c’est Carrefour, mais l’espace public est plus difficile pour les filles. En interrogeant des élèves de 4ème du collège Mandela, les sorties pour les filles, c’est H et M dans le centre commercial de Carrefour ou le cinéma à Caen. Pour les garçons c’est différents. C’est  la même chose pour les trentenaires. Pour les jeunes, le centre c’est Carrefour. Ils sont fiers du Café des Images mais n’y vont jamais. Certaines population sont mal à l’aise au restaurant du Café des Images (NB : c’est le lieu au départ où les réalisateurs donnaient rendez-vous).

Pour les personnes âgées rencontrées et notamment ceux qui avaient été commerçants, Carrefour a fait fermer les petits commerces.

Les gens aiment leur ville, c’est un sentiment qui est différent par rapport à d’autres banlieues où nous sommes allés.

Les jeunes se retrouvent par quartier (sauf Lébisey qui est complètement en dehors. C’est une autre ville). Au Bois, les jeunes vont au Val. Il n’y a pas de cœur de quartier au Bois, sauf les + de 35 ans qui se retrouvent sur les bancs autour du Bois.

Les gens du Bois adorent leur quartier, ils sont fiers de l’architecture du quartier.

Dans notre webdoc, on n’a pas intégré les écoles. C’est plus l’aire de jeu qui permet de se retrouver. »

Pour une habitante du Grand Parc : «  la vie a changé avec les nouvelles constructions, on a fait une cassure dans les relations. Mais il existe encore du lien. Le Grand Parc est partagé en 3 :

-          Le haut, des logements de la classe moyenne

-          Le milieu, des HLM qu’on a densifié. Les gens se sentent serrés.

-          Le Sud : zone pavillonnaire

Le quartier a été dénaturé par rapport à la philosophie du début.

Le Grand Parc a changé. Certains habitants sont partis vers le Bois. La nouvelle école (Popa) n’est pas dans le quartier (contrairement à Malfilatre avant). Maintenant le centre commercial est sur la Grande Cavée (à l’extérieur du quartier), mais il y a plus de chaleur à Carrefour City qu’à Carrefour. »

Pour un participant, les Centres Commerciaux de quartier n’ont jamais été entretenus.

Nous demandons aux réalisateurs s’il existe un sentiment d’insécurité ?

« Non, il n’y a aucun problème. On logeait au Val, on se promenait la nuit, on n’a jamais eu un sentiment d’insécurité. Les quartiers sont stigmatisés (il suffit de faire une recherche dans Google Actualités). Proportionnellement, il n’y a pas plus d’insécurité qu’ailleurs.

Mais le fait de filmer, la parole des habitants ne se libère pas forcément. Pour pouvoir filmer, il a fallu expliquer qu’on n’était pas des journalistes. Nous étions accompagnés des éducateurs de rue et cela a été plus facile pour s’intégrer.

Il y a aussi des images des quartiers entre les quartiers. Pour les habitants du Bois, le Grand Parc est moins bien. Les personnes âgées qui regardent les images à la TV ont un autre point de vue sur les quartiers. »

Quand un participant parle de son parcours entre les quartiers : il a habité aux Belles Portes avant d’habiter le Bois. Pour la réalisatrice, le changement de quartier est une ascension sociale.

Quelqu’un évoque l’ancienne école de musique qui permettait d’aller dans un autre quartier (même si l’école de musique n’est pas fréquentée que par des hérouvillais).

Il y a le Café des Images, mais peu d’hérouvillais n’y vont pas. Les jeunes vont vers les cinémas de Caen et de Mondeville.

Il ya la bibliothèque : aucun élève de la 4ème de Mandela ne va à la bibliothèque.

Le Café des Images et la Bibliothèques sont liés aux écoles : les jeunes ont le besoin d’aller à l’extérieur.

Avant la Bibliothèque allait dans les écoles (temps de midi). Avant la bibliothèque, le CLESCH faisait des lectures dans les quartiers.

Il faudrait refaire des Maisons de Quartier. Il y a des associations de quartier mais elles n’ont pas un lieu propre, elles se réunissent dans les salles polyvalentes.

Il existait avant la MJC qui était un lieu de passage.

Quelqu’un précise que les réunions d’HCMI mixent les quartiers.

Avant les locaux des associations étaient plus indépendants, maintenant il y a le sas d’entrée des services de  la mairie.

Qu’est ce qu’on met dans les quartiers ?

Joël  Le Tensorer revient sur le vivre ensemble, refait la synthèse : «  il y a eu une évolution, on est passé de choses très ouvertes à moins ouvert. Il regrette l’idée des années 60 avec des quartiers sans voitures, des enfants qui circulaient librement. Il y avait une école, une salle polyvalente par quartier, un center socio-culturel, des centres commerciaux (sauf le Bois suite à un accord avec l’implantation de Carrefour). Cela permettait de vivre dans les quartiers, des déplacements piétonniers. Il existait des passerelles qui reliaient les quartiers. Il existait une identité de quartier. Il y avait de vraies rencontres. »

Qu’est-ce qu’on peut mettre au cœur des quartiers maintenant ?

Réponses évoquées lors de la rencontre:

  •  Les jardins partagés ont du sens et cela permet de créer du lien
  • Le Café des Images et le Théâtre n’ont pas la politique de toucher Hérouville. Il y a un élitisme de certaines structures même si ce n’est pas la volonté initiale...
  • Quels usages demain dans les cœurs de quartier ?
  •          Le café est un lieu transgénérationnel.
  •          La verdure à Hérouville est un plus.
  •          La circulation à Hérouville : la voiture ne permet pas les rencontres. Il faut aller à pied pour faire ses courses : cela facilité les rencontres.
  •          Un café de rencontre avec un coin livre.
  •          Lieux de rencontre
  •          Café-ludothèque

 

Synthèse des idées :

  •          Un endroit pour partager un café, un jus de fruit
  •           Un jardin potager
  •         La notion de déplacement : à pied ou à vélo (les pistes cyclables sont à améliorer, souvent pas finies
  •          Quand les gens viennent à Hérouville dans les différents quartiers, ils sont perdus : idée de parcours dans Hérouville pour découvrir les quartiers. 

Prochaine réunion dans deux mois dans un autre quartier.

Quels usages demain des Cœurs de quartier ? (2)

21 avril 2018 – Salle de la Haute Folie

Peu de monde pour cette deuxième réunion sur les cœurs de quartier. Peut être que notre communication n’a pas été efficace. De plus, à la même heure, une marche silencieuse de soutien aux exilés et contre les lois asile et immigration avait lieu à Caen. Quelques uns de nos sympathisants y étaient.

Un habitant de la Haute Folie s’est tout d’abord exprimé : « Pour moi, le centre d’Hérouville c’est Carrefour. Le Canal, c’est pour aller courir et nous allons très peu dans les autres quartiers. »

Hérouville Mémoire (voir Blog)  nous a présenté un diaporama très fourni sur le quartier de la Haute Folie (lien vers diaporama).

 

 


Le plan d’Herouville imaginé en 1962 par l’architecte Mark Biass a la forme d’une marguerite dont les quartiers sont les pétales comme celui de la Haute Folie. Chaque quartier était pensé comme une unité autonome (avec école, centre sociale, salle polyvalente, centre commercial,...). Aucune voie ne traversait le quartier et il y avait des passerelles pour se déplacer de quartiers en quartiers. (Voir fiche 4, la ZUP  « Les visites : Hérouville d'hier à aujourd’hui »)

La signalétique du quartier de la Haute Folie (chaque quartier a sa « sculpture » identitaire) est l'Oiseau de Claire Montoya ( 1973 ) :


 

L’habitat est très séparé : pavillons à l’extérieur et plus on se rapproche du centre commercial des immeubles. En 1983, a été construit un mur antibruit du fait de la situation des pavillons proche du périphérique. Les immeubles se regroupent autour du centre commercial. Sur le quartier de la Haute Folie, il y a des maisons SEROC (voir description sur la fiche 1 du mini dossier « Grand Parc ») et « CAMPMAS ». Les garages sont regroupés et il y a beaucoup de chemins piétonniers. Il y a 339 logements gérés par la Plaine Normande, au Nord-Ouest des immeubles privés. Il y a sur ce quartier 2 tours de 44 mètres sur 14 niveaux. La résidence Massena a peu de propriétaires occupants (moins de 20%), ce qui pose quelques soucis pour l’entretien.

Le centre commercial est privé, il est rénové régulièrement. Toutes les cases ne sont pas occupées. Aujourd’hui, pour les commerces, il ne reste qu’un boucher, un boulanger, un bar-tabac-presse et une pharmacie. Le restaurant kebab est fermé. La mairie  a refusé le repreneur. Auparavant, il y avait une banque. La pharmacie est en déclin depuis l’ouverture de la Pharmacie de l’Europe (2 avenue de la Grande Cavée). Les autres cases sont occupées par deux associations, un médecin et une infirmière. Le marché de la Haute Folie est considéré comme le plus important d’Hérouville.

Avant, il existait un parking silo qui a été détruit en 2008 car il était vétuste et peu utilisé (curieusement, le parking silo revient aujourd’hui à en vogue notamment sur le futur quartier de la presqu’ile).


L’école Auber a fermé définitivement en 2012 (fermeture déjà envisagée dès 2002) : cela a permis de développer notamment le street-art à cet endroit. En friche (amiante), des travaux annoncés fin 2017 qui viendraient de commencer (construction d'un projet immobilier sur une moitié).


L’autre moitié héberge des associations comme la Boutique Habitat ( financement CAF, Ville , Caen Habitat et Plaine Normande ) à l'origine au pied des immeubles du Grand parc, mais aussi La Consom'boutique, Coeur et Santé ( Cardio ), le CRAC, l'Université Inter Age, l'association Solidarité Tickhvine ( qui ne sont pas réservées aux gens du quartier) . La crèche qui était à côté de la salle polyvalente est maintenant devenue un local jeune.

Les espaces jeux ont évolué au fil des années. Les terrains de tennis ne sont pas entretenus. Il y a un grand espace qui mériterait d’être aménagé. Les bacs à sables ont disparu au profit d’espaces verts (il y a moins d’enfants sur le quartier) sans destination précise (sinon pour les déjections canines ? ). Un espace vert est végétalisé par quelques habitants à leur demande (la ville n’intervient pas).

Il y a eu une expérience de jardin partagé mais il n’y a pas eu la dynamique pour le poursuivre. Il y a des espaces conviviaux mais pas de lieux pour s’asseoir. Ce ne sont pas des lieux très agréables. Il y avait des tables, mais des habitants ont demandé de les supprimer car c’était un lieu de rencontre bruyant.

Sur le quartier, il y a deux pistes cyclables. Le réseau cyclable n’a pas bougé entre 1998 et 2018. La ville a acheté des vélos électriques pour le personnel, et il y a une impression que le réseau est fait en tenant compte des déplacements du personnel. La ville de Caen a beaucoup plus travaillé sur son réseau de pistes cyclables. Les pistes cyclables « fléchées » suivent le tracé des voies automobiles, et leur parcours est régulièrement interrompu (places, parkings, voies perpendiculaires,...) 

Quelles dynamiques de quartier à la Haute Folie ?

Il y a une association de quartier longtemps dynamique, mais aujourd'hui c’est plutôt club du 3ème  âge.

Les enfants ont des activités extérieures au quartier (sauf pour les jeux). Il n’y a plus d’école sur le quartier. Les enfants vont à Popa qui n’est pas école de quartier, mais une école ouverte sur le boulevard du grand Parc.

Pour la convivialité, il existe la Boutique habitat qui est un lieu d’échanges et de rencontre, mais quand on habite le quartier, qu’on s’y balade, on ne la voit pas. L’amplitude horaire de la Boutique Habitat ne correspond pas aux personnes qui travaillent. Elle s’adresse davantage aux locataires des immeubles. A Caen, par exemple, la Maison du Vélo est ouverte le samedi matin. Ce pourrait être le cas de la Boutique Habitat. (A propos des horaires « de fonctionnaires » à la Boutique Habitat : les éducateurs et bénévoles  y travaillent essentiellement  « en direction des » locataires HLM (surtout ceux qui sont sans emploi))

Mais comment assurer dans ce cas la mixité sociale ?

« Le centre commercial ne fait pas envie. Il est glauque, il est tout gris, il est moche. L’architecture est triste à mourir. La forme du centre commercial rend le lieu froid. On n’y va que si on en a besoin. Le centre commercial est souvent un lieu de dépannage. Les habitants travaillent hors du quartier et font leurs courses ailleurs. Il est fréquenté par la population défavorisée du quartier. »

« On a le même problème à Caen, à la Folie Couvrechef, avec la rue des Boutiques. Cela ne correspond plus à nos vies actuelles. »

Il faut un lieu de partage, de rencontre : le centre commercial n’y répond pas. Par contre, il y a l’avantage d’avoir une boulangerie ouverte 7 jours /7.

Initiative individuelle : le buraliste prend en charge le « dépannage épicerie », et met deux tables dehors pour permettre  aux clients qui le demandent  de boire un café.

Quels sont les lieux du quartier où l’on va le plus souvent ?

La réponse à la question : Quels sont les lieux du quartier où l’on va le plus souvent ?  est claire : « On n’y va pas, on le traverse. On n’a pas de vie de quartier sauf avec ses voisins proches. » 

L’idée de ré-ouvrir un bureau de poste / antenne Mairie … dans ce quartier d’environ 1200 habitants ne suscite guère l’enthousiasme.

 La préoccupation principale des habitants présents étant de disposer d'« Un endroit à l’ombre au bas de chez soi, agréable pour manger, pour se reposer, pour lire,... » La discussion s’est engagée autour de l’idée de jardins partagés, sur l'exemple du Grand Parc, où existe des initiatives comme les incroyables comestibles (ré-appropriation de l’espace public à vocation potagère et partageable) et de celui du Calvaire Saint Pierre (sur Caen) où « Un jardin potager permet de  mixer la population »

Reste à trouver  le moyen de populariser ce vœu d'un jardin paysager avec une armoire à livre, une bibliothèque sauvage, une boîte à don

Bistro Citoyen le 26 avril 2018

#citoyenneté

Hérouville ça m'intéresse propose un "Bistro Citoyen".

Le premier aura lieu le jeudi 26 avril 2018 de 18 à 19H30 au Café des Arts. Le thème du jour : "La démocratie participative"